BD : Le Signor Spartaco + Doctor Nefasto + Labyrinthes

Auteurs : Mattotti et Kramsky
Editeur : Casterman


Si sa réputation internationale n’est plus à faire en matière d’illustrations (affiches, couvertures de romans et de magazines, Beaux-Livres, etc.), Lorenzo Mattotti semble depuis quelques années jouir d’une reconnaissance assez tardive mais sans cesse grandissante dans le monde de la BD. Si on excepte toutefois l’album Feux, qui avait déjà remporté un succès d’estime fulgurant dans les années 1980. Après plusieurs changements d’éditeur, qui tous eurent leur mérite d’investir dans cet artiste atypique mais sans doute pas la meilleure manière de mettre son oeuvre en évidence, Mattotti semble enfin trouver chez Casterman un catalogue qui offre davantage de cohérence et de visibilité à sa bibliographie. Une présentation prestigieuse à la hauteur de son immense talent. 

Après avoir proposé Docteur Jekyll et Mister Hyde (2002) et Lettres d'un temps éloigné (2005) en éditions originales, puis réédité Feux (1986) et Murmures (1989), L’homme à la fenêtre (1992), Le Voyage de Caboto, Stigmates (1993) et Le Bruit du Givre (2003), Casterman se risque à ressortir le versant plus expérimental qui préfigurait des ouvrages plus aboutis : réunis en un seul volume, Le Signor Spartaco (1983), Doctor Nefasto (1989) et Labyrinthes (1988) forment un ensemble qui allait clôturer la première période et ouvrir un tout nouveau territoire graphique pour Mattotti


C’est à un magma, un bouillonnement créatif auquel on assiste ici, le dessinateur étant particulièrement stimulé par la collaboration avec son ami de toujours, l’inventif Jerry Kramsky. On sent du génie qui éclôt, même si, il faut bien l’admettre, il lui faudra encore apprendre par la suite à cumuler expressivité des images, maîtrise des couleurs avec leur lisibilité. Les textes, poésies en roue libre, mâtinées d’absurde, n’aident pas à rendre le tout moins hermétique. 

Un document bibiographique important mais que seuls les fans de Mattotti ou de surréalisme seront en mesure d’apprécier vraiment, je pense.
 
Chronique par Jean Alinea
  

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