BD : Happy Rock

Auteur : Zep
Editeur : Delcourt


L'immense succès commercial de Happy Sex (lire notre chronique ICI) incite l'éditeur Guy Delcourt à republier chez lui des ouvrages ayant rencontré un succès plus modeste (tout est relatif) aux éditions Dupuis. 
Avec de nouveaux titres et de nouvelles couvertures, le pari est de relancer l'intérêt autour des Filles électriques, rebaptisées Happy Girls, et de L'enfer des concerts, qui devient Happy Rock. Et hop, on a donc un nouveau concept : les Zep Happy Books. En temps normal, je réprouve ce genre de manoeuvre marketing qui berne une partie du lectorat qui possède déjà ces albums, mais force est de constater que ce relifting correspond mieux à l'image de l'auteur. Et puis soyons francs : les maquettes de la collection "Humour Libre" de Dupuis étaient moches.

Mais venons-en au contenu. Si Les filles électriques/Happy Girls était une sorte d'excellent prolongement adolescent de Titeuf, L'enfer des concerts/Happy Rock s'inscrit dans un esprit quelque peu différent, même s'il s'agit invariablement de gags en une planche.

Avec parfois une sacrée dose d'ironie (cf. la page consacrée à son idole Bob Dylan), Zep y rend hommage aux musiciens qui l'ont marqué, musicalement ou médiatiquement, et partage des mésaventures typiques dans lesquelles se retrouveront bien des afficionados de concerts. L'auteur estime ici à 95% la part de vécu, ce qui est supérieur aux deux autres titres de la collection, bien davantage basées sur des scènes imaginées.
Les caricatures de rockeurs ou d'icônes pop sont inégales : ainsi Janet Jackson ou Neil Young sont assez ratés, contrairement à Springsteen ou les Stones, par exemple. Les gags sont rarement à mourir de rire, mais l'ensemble est quand même bien vu. Amusant mais facultatif, donc.

En guise de conclusion, je dirais que si vous désirez poursuivre la découverte de Zep dans un esprit similaire à Titeuf mais moins "enfant", dirigez-vous d'abord vers Happy Girls.

Si vous voulez découvrir une facette différente de Zep, je recommande son album plus "autobiographique" Découpé en tranches (au Seuil), qui est plus sensible tout en restant drôle.
Chronique par Jean Alinea


N.B. pour ceux d’entre vous qui achètent leurs albums sur Internet : si Happy Sex présentait de vraies découpes dans le lettrage, pour les deux rééditions il ne s'agit que d'un trompe-l'oeil.

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Titeuf T.14