BD : Quelques mois à l'Amélie


Auteur : Jean-C. Denis 
Editeur : Dupuis


On aurait pu craindre, en entamant Quelques mois à l’Amélie, une énième évocation de l’écrivain désabusé qui crache son amertume à chaque occasion publique ou privée. Craindre les clichés de l’alcoolisme, de la dépression, de la page blanche, des aventures sans lendemain et des fausses rédemptions.

Nous avons donc Aloys Clark, l’écrivain «désinspiré», oui. Solitaire, vide, condamné aux conférences sur ses succès passés, toujours au bord du gouffre et, surtout, pitoyablement cynique sur sa propre condition ou celle des autres.

Tombant par hasard sur un livre jamais lu de sa bibliothèque, "Le Coucou" d’un certain Jacques Dorian, Clark se laisse fasciner par son narrateur : ce dernier s’est créé vies sur vies en «comblant les vides». Ces gens qu’on attend dans une gare mais qui n’arrivent pas, ces amants qui tardent. Usurpant les identités ou se laissant aller au gré des rencontres, le héros du Coucou n’a raté aucun succès existentiel. 

Et, le livre en main, Clark décide de suivre la même route… 

Même s’il trébuche un peu sur certains éléments laissant un goût de déjà-lu, Jean-C. Denis amène un abord touchant à ses personnages et c’est ce qui fait la force de ces Quelques mois à l’Amélie : la sincérité de la fragilité.

Chronique par Virginie

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