Blast - T04 : Pourvu que les bouddhistes se trompent

Auteur : Larcenet
Editeur : Dargaud



La présente chronique ne dévoilera bien sûr rien de plus sur l’histoire de Blast. Pour la présentation de la série, reportez-vous plutôt à notre  chronique du tome 2*. Cependant, certains souhaitent peut-être récolter des  avis avant d’entamer l’achat de ces 4 épais volumes, de plus de 200 pages chacun.


Si Dargaud s’est empressé de jouer de son influence marketing avec un autocollant en couverture, stipulant "Le dernier tome du chef d’oeuvre de Manu Larcenet", je dois pour ma part admettre une légère déception en refermant le dernier album. Non pas sur le plan graphique, narratif ou en matière de psychologies de personnages, où l’auteur reste au sommet de sa forme. Mais ce récit noirissime, alliant réalisme, contemplation naturaliste et expressionnisme halluciné, se présentait d’emblée comme un polar original et on aurait espéré qu’il se clôture d’une manière tout aussi imprévisible et exceptionnelle. Surtout au bout de 800 pages. Or sa conclusion est somme toute classique et plombante. Heureusement, une toute petite part de mystère subsiste, laissant au lecteur la possibilité d’imaginer à sa façon un élément-clé de l’enquête.

On réalise que l’intrigue de Blast constituait surtout la toile sur laquelle Larcenet allait pouvoir explorer sa veine la plus sombre, faire évoluer son style dans de nouvelles voies, remuer les tripes de ses lecteurs… bref, expérimenter en toute liberté, bénéficiant de la confiance de son éditeur (surtout après la réussite créative et commerciale du Combat Ordinaire*). En cela, oui, Blast reste du grand art (à ne pas recommander aux dépressifs).


Chronique par Jean Alinea


* Lisez toutes nos chroniques à propos de BD de Larcenet :