BD : Le legs de l'Alchimiste - Intégrale

Auteurs : Hubert, Tanquerelle et Bachelier
Editeur : Glénat


Cette pentalogie est passée relativement inaperçue,  trop étrange sans doute pour le grand public. Pourtant il s'agit là d'une des meilleures séries de ces dernières années.

Etrange récit, qui commence de manière relativement humoristique pour se dénouer  sur une tonalité noire de noire (un peu trop ?) Depuis le premier tome, et du début du Xxe siècle à la fin de la deuxième guerre mondiale, on suit le parcours d’une bague occulte et de ses possesseurs. Gollems, sorcières et autres étranges personnages se mêlent à un contexte historique (souvent réinventé), pour un résultat vraiment original et surprenant.

Etrange, Le legs de l’Alchimiste l’est aussi dans le dessin, qui est sans doute peu engageant aux yeux de nombreux lecteurs. Un dessin pourtant richissime en atmosphères. Celui de Tanquerelle d’abord - qui signa les trois premiers volumes - est proche du style de Joann SfarEn plus minutieux, aurais-je envie de dire. Au point que – pour la petite anecdote - Sfar le débaucha pour continuer avec lui les albums de Professeur Bell (chez Delcourt). C’est Benjamin Bachelier qui reprit donc les rennes, aux côtés de Hubert, pour les deux derniers volumes du Legs. Malgré ce changement soudain de graphisme, et malgré qu’on ne retrouve pas le charme de Tanquerelle, les atmosphères sont toujours efficaces à la lecture et l’histoire est si excellente qu’il est tout bonnement impossible de décrocher.

Scénariste et coloriste, Hubert est d’ailleurs pour moi un nouveau "grand" du fantastique et du suspense. Derrière son travail, je devine bien davantage un intellectuel qu’un commerçant du scenar, et ce n’est pas pour me déplaire. On lui devait déjà Les yeux verts (deux tomes sublimes, avec Zanzim, chez Carabas), La sirène des pompiers (one-shot) ou encore les sympathiques 4 tomes de Miss pas touche (avec Kerascoët, chez Dargaud). Que du bon, voire même souvent de l’excellent !

Chronique par Jean Alinea