BD : Bételgeuse - Intégrale

Auteur : Léo
Editeur : Dargaud
 


Ecologie, humanisme, érotisme décomplexé, communication avec des êtres venus d’ailleurs… Il y a quelque chose de post-hippie dans l'idéologie véhiculée au travers de cette saga des Mondes d'Aldébaran..

Le cycle de Bételgeuse démarrait fort bien : la faune et la flore de cette nouvelle planète n’a pas à rougir en comparaison de que nos héros avaient quittée, que du contraire. Mais plusieurs choses déconcertent.

Tout d’abord la nature des relations humaines : les protagonistes sont confrontés à ce nouvel environnement hostile, sans perspective de retour, mais une préoccupation principale semble être leurs pulsions amoureuses et sexuelles… assez libérées. Un grand besoin collectif de réconfort dans les moments désespérés ? Bon d'accord. Qui sait comment nous réagirions, nous, en pareille circonstance ? Et dans le cadre d'un récit, cette compensation de l'angoisse par les plaisirs de la chair, ce n'est pas déplaisant, ça pimente la lecture. Mais tout de même, est-ce que la limite n'est pas franchie entre la crédibilité et la littérature à l’eau de rose, mâtinée d’érotisme aseptisé ? On est en droit de trouver que Léo en fait un peu trop : les filles se baladent fort souvent à demi-nues ; Inge peut facilement être considérée comme une nymphomane ; etc. 
Dans le premier cycle, Aldébaran, tout ça me semblait mieux dosé et en accord avec l’adolescence des personnages.

Ce qu’il y avait également de séduisant dans la science-fiction de l'auteur jusqu’à présent, c’était l’absence des habituels poncifs du genre : pistolets lasers, extraterrestres, et j’en passe. Il y avait quelque chose de vraisemblable… que le final du cycle Bételgeuse vient un peu (beaucoup) perturber. Je ne vous en dirai pas plus, sinon qu'il aurait, selon moi, été préférable que Léo évite de lancer une amorce pour un cycle suivant (Antarès, auquel je n'ai plus accroché).

Malgré ces quelques réserves, malgré des passages un peu inutiles ou plus bavards, je recommande la lecture de Bételgeuse pour son rythme feuilletonesque trépidant, son ton particulier et ses créatures toujours plus surprenantes.

Chronique par Jean Alinea