BD : Thorgal - T33 : Le bateau-sabre

Auteurs : Rosinski et Sente
Editeur : Le Lombard


Assez belle surprise que ce nouveau cycle des aventures de Thorgal (et sa smala), que le scénariste Jean Van Hamme avait entamé avec Le Sacrifice (29e tome), avant de céder la plume au "repreneur", Yves Sente. C'est toutefois Grzegorz Rosinski qui apporta le principal renouveau à la série, en troquant le contour noir de ses dessins par une mise en couleur directe. Il en résulte depuis de superbes planches peintes, plus fouillées. De quoi raviver l'intérêt d'une frange du lectorat (dont je fais partie) qui avait quelque peu décroché de la célèbre série.

Ce changement esthétique des Thorgal rime avec changement de génération puisque c’est à présent bel et bien le fiston du héros, Jolan, qui endosse souvent le rôle principal. Quant à Louve, elle connaît désormais ses propres aventures : son premier album, Raïssa, écrit par Yann et mis en images par Surzhenko, paraît simultanément à la publication du 33e tome "normal". Un spin-off mineur mais correct, qui ne dépaysera pas les habitués mais ne satisfera probablement pas les plus exigeants d'entre eux.


Grzegorz Rosinski nous confiait il y a quelque temps : "La saga Thorgal n’est pas classique, on peut tout y faire : elle n’est ni tout à fait de l’heroic fantasy, ni roman historique, ni saga familiale, ni une histoire de science-fiction, mais un peu de tout ça à la fois. On a ouvert la série avec tellement de possibilités qu’il n’est plus possible d’être à court d’idées."

A court d’idées non, mais s’il y a un point qu'on peut reprocher, c’est une certaine répétition qui guette régulièrement les auteurs : il est aisé de faire le parallèle entre ce qui arrive à Jolan dans Moi, Jolan et ce qui est arrivé à son père dans Les trois vieillards du pays d’Aran, pour ne citer qu'un exemple. Quant au Bateau-Sabre, ce volume semble vouloir faire durer le parcours initiatique orchestré par l'énigmatique Manthor, en insérant habilement une intrigue secondaire qui remet Thorgal en selle dans des paysages de grand froid. Le héros aura du mal à faire passer son inébranlable éthique parmi les vikings marchands, commanditaires de sa nouvelle mission temporaire.


Rien de bien neuf, donc, et l'âge d'or de la grande saga remonte incontestablement à ses 16 premiers albums... mais on reprend toutefois goût au feuilleton, ce qui est déjà appréciable.


Chronique par Jean Alinea