BD : Une nuit de pleine lune

Auteurs : Hermann et Yves H.
Editeur : Glénat


Depuis Fifty-fifty, le 30e tome de Jeremiah, Hermann retente l’encrage, histoire de se prouver qu’il maîtrise toujours le trait, cela après plusieurs années à nous gratifier d’albums en couleur directes (atteignant des sommets de son art avec Caatinga, On a tué Wild Bill et bien d’autres). Malgré qu’on le sente ici bien appliqué, le dessin du maître n’est cependant plus celui de sa grande époque.

Le récit d'Une nuit de pleine lune nous emmène à la suite d’une bande de jeunes cambrioleurs amateurs qui pénètrent la villa d’un couple de riches sexagénaires, en sortie au cinéma, dans l’espoir de pouvoir accéder au contenu d’un coffre. ("Attention spoilers", comme on dit : je recommande à ceux qui voudraient se procurer cet album malgré tout, de passer directement au paragraphe suivant puisque, exceptionnellement, je dévoile ici la fin.) Le cambriolage tourne au braquage, puis à la séance de torture, pour finir en massacre, puisque les malfrats semblaient bien mal renseignés sur le lourd passé du maître des lieux.

On ne peut s’empêcher de penser à un autre one-shot de Hermann, sur scénario de Jean Van Hamme celui-là, auquel même le titre semble faire écho : Lune de guerre.  Il y était également traité d’une progressive montée en violence dans un cadre de départ réaliste. Pas ce que Van Hamme a fait de mieux, mais en comparaison avec cette tuerie simpliste et vaine de Yves H., il n’y a pas photo.