BD JEUNESSE : Pythagore - Intégrale

Auteurs : Derib et Job
Editeur : Le Lombard


(à lire dès 6 ANS)

Après sa série Attila (avec Rosy, chez Dupuis), Derib collabore avec André Jobin
(alias Job), créateur de la publication suisse Le Crapaud à lunettes. C’est dans ce journal qu’ils vont ensemble développer deux personnages intéressants : dès 1967, le hibou savant Pythagore (dont le nom est bien entendu inspiré par le mathématicien antique) et ensuite, dès 1969, un certain petit indien qui "traînait" dans les tiroirs de Derib. Entre deux épisodes de Pythagore, ils lancent donc Yakari…. dont les premières aventures restent encore aujourd’hui un must dans toute bibliothèque familiale*.

L’hibou saugrenu ne méritait toutefois pas de tomber dans l’oubli et cette édition en intégrale est judicieuse, malgré que ses aventures (Pythagore et Cie contre Brazzero, Opération Rhino et Les Géants de la Toundra) aient nettement moins bien vieilli.

Au rang des qualités, on trouve déjà des préoccupations environnementales (sauvegarde des animaux surtout), des notions éducatives, une brochette de personnages attachants et un dessin qui ne cesse de s’améliorer, tout en rendant hommage à ses influences. Matthieu et Ketty la judoka, surtout, font directement référence au style Benoît Brisefer de Peyo et – dans Opération Rhino - un éléphant appelé Tembo semble rendre hommage au Tembo-Tabou de Franquin et Greg.


Notons que le volatile mascotte a d’abord une certaine propension à abuser de boissons fortes. Un aspect "politiquement incorrect" que les auteurs étoufferont petit à petit dès le second volume… réattribuant ainsi les rôles principaux à d’autres membres, moins cocasses, de l’équipe : les trois enfants, le mécène Lord Traf Phalgar et les deux véhicules révolutionnaires Eurêka.


On ne peut pas dire que les scénarii soient le point fort de cette série : les phylactères sont trop bavards, les dialogues souvent maladroits, l’humour fréquemment désuet, les résolutions d’intrigues assez faciles. Mais par une magie qu’un adulte ne saura s’expliquer, il y a bien des chances qu’un enfant d’environ 7 ans à qui on raconte ces aventures s’enthousiasme.


Chronique par PJ

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