Urielle

Auteurs : Denis Lapière & Clarke
Editeur : Quadrants



Au 13e siècle, des groupements de femmes recluses louent Dieu et traduisent la bible en langage profane. Alors que le Père Andréas vient s'informer des travaux en cours dans une communauté, il met en garde la Mère et ses Soeurs contre les desseins de l’Eglise, prête à leur envoyer l’inquisition. Mais les plans sont brutalement bouleversés quand apparait Urielle, à moins que...

La voie habituelle aurait été d'aborder l'histoire par son versant esotérique ou d'en tirer un maximum d'effets sanguinaires. Que nenni ! Clarke et Lapière choisissent de se centrer sur les aspects humain et historique. Et on apprend réellement quelque chose ! Le destin des Béguines, les manipulations des uns, les exhortations à la prudence des autres autant que les commentaires sur les interprétations de la bible et sur les pigments utilisés pour enluminer les manuscrits donnent de la crédibilité au récit.

Pourtant, on reste ici dans la bande dessinée "des familles" et les différents thèmes ne sont pas creusés outre mesure : on n'est pas dans de l'Umberto Eco ! De même, on regrettera un peu que la psychologie des personnages ne soit pas plus poussée, notamment chez les Soeurs qui restent un peu à l'état d'ébauche.

Le destin du cloître aurait pu être plus puissant, et on se demande si les auteurs n'auraient tout de même pas dû jouer sur la corde spectaculaire pour emporter l'adhésion inconditionnelle : ce sont les quelques moments "surnaturels" du récit qui sont les plus mémorables. Mais même si on aurait aimé que l’histoire soit mieux habitée par ses personnages, Urielle reste un fort agréable moment de lecture. On en sort plus intelligent, ce qui n’est déjà pas mal !

Chronique par Yves