Le Tueur - T07 : Le commun des mortels

Auteurs : Jacamon & Matz
Editeur : Casterman



Si Modus Vivendi entamait un second cycle du Tueur en plein marasmes vénézuélien et cubain, ce nouveau tome apporte un intérêt supplémentaire au ton de la série.

Certes toujours psychopathe et cynique, on sent le tueur presque humaniste dans ses réflexions d’ordre socio-politique (sud-américaines surtout, mais aussi mondiales). Et s’il ne relève que le côté pourri et sombre de l’humanité, c’est intéressant de partager ses questionnements… à condition de disposer d’un bon moral et d’une psychologie positive pour contrebalancer.

Sans avoir rencontré Matz, je devine cet auteur voyageur et lecteur du Monde Diplomatique. C’est en tout cas ce type d’observations et de documentation qui transparait derrière les tribulations de son personnage.

Sur le plan graphique, on avait déjà observé une petite baisse de régime, mais le travail de Jacamon faiblit ici carrément : de plus en plus de photos filtrées en Photoshop en guise de décor (pas ou peu retouchées au trait) ; des cases entières de voitures clinquantes prises sous des angles catalogue constructeur ; et, plus dommage encore, de régulières erreurs et instabilités anatomiques des personnages. On verra même le tueur accoudé à la terrasse d’un appartement avec les bras lévitant sur le balcon.

Est-ce l’insuccès de la série Cyclopes qui aurait contraint Jacamon à poursuivre Le Tueur de façon apparemment moins investie ?

Gageons qu’il reprendra du poil de la bête et que le récit conservera sa force jusqu’au dénouement.

Chronique par Jean Alinea