BD : Blacksad - T05 : Amarillo

Auteurs : Guarnido et Canales
Editeur : Dargaud
Malgré ses qualités indéniables d'écriture, Juan Diaz Canalès a parfois commis l'erreur de rendre les affaires de son héros félin trop complexes pour une résolution convaincante en un seul tome. Cette fois-ci, on sent le scénariste à l'aise dans un registre "road-movie", rendant hommage à quelques  grands noms de la "beat generation". Il ne s'est pourtant pas facilité la vie : les rebondissements sont nombreux et la galerie de personnages zoomorphes touffue, dans tous les sens du terme.

Blacksad - désireux d'observer une pause dans sa carrière d'enquêteur - se voit embarqué malgré lui dans un imbroglio sur les routes de l'Oklahoma. Celles-ci le mèneront sur la piste d'un jeune lion-écrivain déboussolé : Kerouac. Les couleurs sont chaudes, le ciel bien dégagé, le ton a priori plus léger... mais l'action n'en est pas moins sordide qu'à l'accoutumée.

Pour la première fois depuis le premier tome, le dessinateur Juanjo Guarnido me semble par contre un chouïa en deçà de ses capacités virtuoses. Diversité et expressivité des trognes animalières sont bien sûr toujours sublimes, les couleurs à l'aquarelle nickel, les mises en scène globalement très réussies... si l'on excepte par exemple la grande pose à moto sur fond blanc ou les bagarres finales si rapides que la lecture "trébuche" l'une ou l'autre fois...  Et puis certaines cases sont moins fouillées, traits et ombres étant plus esquissés. Je chicane sans doute, car ça reste du grand dessin.

Blacksad est une série policière très appréciée, à raison, dont le second volume, Arctic-Nation, reste selon moi inégalé à ce jour par ses auteurs.

Chronique par Jean Alinea

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Blacksad - T04 : L'enfer, le silence
ou consultez notre interview de Juanjo Guarnido.