BD : Les zwanzes de Tintin : Les stiene de la Castafiore

Auteur : Hergé
Editeur : Casterman


Les stiene de la Castafiore est le premier album de Tintin à être traduit en "bruxellois francophone", le patois le plus notoire et représentatif de la capitale belge à l'étranger*. Le choix d’adaptation linguistique s’est probablement porté sur Les bijoux de la Castafiore car nos héros n'y voyagent pas, toute l'action se déroulant au château de Moulinsart. On imagine effectivement mal Le lotus bleu revisité de la sorte. Il n’en demeure pas moins étrange de voir la Castafiore, ou les gitans adopter la langue de Beulemans, du théâtre de Toone et des Fables de Pitje Scramouille !

Mais ne boudons pas notre plaisir : à défaut d’être indispensable, Les stiene de la Castafiore est néanmoins une curiosité qui vous fera redécouvrir un grand classique de façon bien sympathique.

A noter qu'un petit lexique en fin d'album aidera le bédéphile dans la compréhension de sa lecture.

Avis à l'éditeur et aux héritiers : pour rendre hommage à Hergé, ainsi qu’à Bruxelles, ne serait-il pas pertinent d'offrir au public une réédition des Quick et Flupke en "brusseleir" ?

Chronique par Jean Alinea

* Il y a plusieurs facettes à la langue wallonne comme à la langue flamande. Les populations ne se comprennent entre elles qu’en parlant le français ou le néerlandais. Il en va de même à Bruxelles qui compte des populations aux passés linguistiques différents. Les communes périphériques de Bruxelles, historiquement flamandes, ont été influencées par la langue française, dominante dans la capitale et chez les nouveaux arrivants. Quant à eux, les francophones de la ville ont vu leur langue se mâtiner de flamand. Ces parlers bâtards se sont enrichis, avec le temps, de mots et d’expressions spécifiques à Bruxelles.

N.B. : la traduction de ces Stiene de la Castafiore est signée Nicolas Dock (et non Nicole Haddock).


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