BD : Petite nature - T03 : Prêt à tout

Auteurs : Chauzy et Barrois
Editeur : Fluide Glacial




Revoici Jean-Christophe Chauzy avec de nouvelles mises en scène caricaturales de son alter-ego graphique. Un exercice d’auto-dérision auquel il s’adonne régulièrement depuis plus de 15 ans, en alternance avec des ouvrages aux thèmes plus graves (Rouge est ma couleur, La vie de ma mère…).

Les premières histoires du longiligne personnage Chauzy firent leur apparition dans les pages du mensuel (A Suivre), inaugurant ce qui allait devenir la série déjantée Un monde merveilleux (chez Casterman) et l’album L’âge ingrat (une compilation cocasse de souvenirs d’enfance et d’adolescence, publiée par Les Rêveurs).
 
Grâce à la parution ponctuelle d’histoires courtes dans Fluide Glacial et la contribution de quelques confrères humoristes aux scenarii (Zep et Yan Lindingre d’abord, Anne Barrois ensuite), l’auteur retrouve l’esprit des débuts (Parano), tout en l’adaptant à notre décennie, à son âge mûr et son statut de père divorcé et célibataire. Les histoires courtes démarrent donc généralement sur de petites anecdotes ou tracas du quotidien et dérivent sur des fantasmes et des fiascos grotesques.

Dessins et couleurs sont jubilatoires, Chauzy étant selon moi un des dessinateurs les plus sous-estimés de sa génération. Ce troisième volume ne fait pas exception sur ce plan : il y a une quantité de trouvailles d’expressivité humoristique impressionnante.
Qu’il s’agisse du thème du relooking, de Facebook, de chambres d’hôte, de voyance, de festivals BD ou autre, chaque début de récit nous happe et - à défaut de faire rire aux éclats - nous amuse… Cependant, il semble que signer chez Fluide Glacial nécessite souvent d’être trivial. Alors oui, parfois c’est drôle et impertinent… mais les lourdeurs ne nous sont pas épargnées, ce qui serait pardonnable si les chutes des histoires ne tombaient pas tant à plat. Les scenarii d’Anne Barrois (et Chauzy) manquent de rebondissements finaux plus surprenants et marquants. Et plus subtils qu’un caca au lit.

Dommage.
Chronique par Jean Alinea