
Editeur : Futuropolis
Depuis le café-restaurant où tout démarre, on observe un gigantesque chantier. Avec les palissades qui l’entourent et les vigiles farouches qui font le guet, on dirait un monde à part, une île.
D’un côté, les propriétaires de la taverne et leurs amis, de l’autre une bande de malfaiteurs menés par un homme à la jambe de bois qui prétend œuvrer pour un idéal de société, vont pénétrer ce lieu à l’accès interdit, en quête de valises remplies de billets de banque – destinées à des partis politiques - qui sont censées s’y cacher.

La bibliographie de Stassen compte à ce jour deux incontournables de la BD : Le bar du vieux français (sur scénario de Denis Lapière) qui conte une histoire d’amour improbable entre deux jeunes gens en exil, issus de cultures africaines différentes ; et Deogratias, où il signe, en auteur complet, un récit bouleversant ayant comme cadre le génocide rwandais. L’île au trésor rejoint ce dernier dans son style graphique, ce qui s’avère bien évidemment splendide, toujours particulier et adéquat malgré le ton plus léger de cette histoire. Un ton léger qui contraste pourtant avec ce qu’elle raconte : un jeu de piste finalement assez sanglant.
Une première petite réserve que j’ai à formuler par rapport à ce livre, c’est justement l’absence de réactions émotionnelles logiques face à ce qu’il convient d’appeler une tuerie. A un certain avancement du récit, l’impassibilité de la petite Jacquot m’a même semblé impossible à admettre. Une autre petite insatisfaction concerne le dénouement et l’épilogue, dont je ne dévoilerai rien ici, mais que j’ai trouvés un trop précipités.
Une adaptation réussie néanmoins.
Une adaptation réussie néanmoins.